
Interview – le point de vue d’un acteur social de notre commune
Propos recueillis par Félicien Mazzola
Franck Jaffré est coordinateur Région Rhône Champagne à la FASe – Fondation genevoise pour l’animation socioculturelle.
Les TSHM, c’est quoi ?
Ce sont des animateurs-trices socioculturels de la Fondation genevoise pour l’animation socioculturelle (FASe) qui ont un mandat de Travail social hors murs (TSHM) et qui interviennent sur différents territoires du canton. Il y a 13 équipes de TSHM sur le canton.
Combien de personnes
travaillent sur Confignon ?
L’équipe TSHM pour la région est composée d’une quinzaine de professionnel-les
qui interviennent de Petit-Lancy à Chancy. Confignon finance l’équivalent d’un
200% de temps de travail, actuellement engagé sur la région Cressy et aux
abords du CO du Vuillonnex.
Vous avez un important travail de prévention
et de lien. Comment s’articule-t-il avec l’action des agent-e-s de la police
municipale (APM) pour des problématiques de sécurité, de
nuisance ou encore de littering ?
Le diagnostic et les actions des TSHM s’articulent à partir de constats partagés avec la population (jeunes, habitant-e-s, commerçant-e-s, etc.) mais aussi avec les partenaires communaux. Ensemble, nous élaborons des projets d’intervention de manière intelligente et intelligible tout en respectant les rôles et prérogatives de chacun-e. Pour ce faire, APM et TSHM se rencontrent régulièrement.
Comment est-ce que le TSHM a
perçu l’impact de la période de confinement du printemps sur les ados et les
jeunes adultes ? Est-ce que des actions particulières ont pu être mises en
œuvre ?
Globalement, le second confinement est mieux vécu que le premier. Mais les
vécus rencontrés par les jeunes sont très disparates. Pour synthétiser, les
jeunes vivant à la marge des attentes sociales usuelles connaissent des
craintes et des comportements plus exacerbés, alors que les jeunes inscrits
dans un projet s’accommodent (généralement) assez bien de la situation.
Orientée par les constats relevés sur le terrain et limitée par les mesures
sanitaires, l’équipe TSHM a réarticulé son action autour des volets suivants :
1. Présences sociales quotidiennes
sur les espaces publics (lundi au samedi)
2. Ouvertures de lieux d’accueil
en parallèle d’accueils libres usuels pour des « petits » groupes de jeunes
identifiés et suivis.
3. Suivis individuels et
(re)mobilisation professionnelle via l’outil petits Jobs.
4. Mise en place d’un projet par
les pairs où les jeunes vont au contact d’autres jeunes pour faire de la
prévention et de la gestion des déchets.
Parmi les témoignages recueillis, ces actions de travail social ont permis aux
jeunes de « garder le moral », « de se retrouver entre potes, (…)
sans avoir l’impression d’être hors-la-loi », « de changer d’airs »
et « de se retrouver au chaud ».
La FASe est partenaire d’une palette de
« petits jobs » pour les jeunes. A quel besoin répondent-ils ? Est-ce que vous
constatez une forme de précarisation due à la supression rapide de ces «petits
jobs» qui ont souvent été les premiers supprimés ?
Les petits jobs sont un outil essentiel aux TSHM. Ils répondent à différents besoins : le premier est bien évidemment financier, cela permet au jeune de se faire de l’argent de poche mais aussi, dans certaines situations, d’apporter un coup de pouce quand cela est nécessaire. Le petit job est une belle porte d’entrée pour les TSHM qui peuvent ainsi créer un lien avec de nouveaux jeunes ou renforcer le lien avec d’autres. C’est aussi l’occasion pour les jeunes de connaître d’autres jeunes, de rencontrer différents services/partenaires. Enfin, c’est souvent pour les jeunes une première expérience professionnelle.
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